Le Waldorf Astoria Versailles – Trianon Palace se dresse à quelques pas du domaine royal, là où l’histoire de France s’est écrite pendant quatre siècles. Derrière sa façade néoclassique de 65 mètres de long et ses 300 fenêtres, cet hôtel cinq étoiles dissimule les secrets d’un séjour réussi. Il abrite une mémoire vivante, celle d’un bâtiment qui a vu défiler présidents, artistes, généraux et têtes couronnées depuis son inauguration, le 1er mai 1910. Récit d’un palace dont chaque salon, chaque couloir, murmure encore les conversations qui ont façonné le monde moderne.
Waldorf Astoria Versailles – Trianon Palace
Impossible de comprendre le Trianon Palace sans remonter aux origines de Versailles elle-même. Au XVIIe siècle, le hameau n’est qu’une halte de chasse lorsque Louis XIII y fait construire une modeste demeure en 1624. Son fils, Louis XIV, transforme ce terrain en un projet titanesque. Il cède des parcelles à prix dérisoire pour attirer la noblesse, impose des règles d’urbanisme strictes et finance le pavage des rues. En 1664, la fête des Plaisirs de l’Île enchantée inaugure le mythe versaillais avec une semaine entière de festivités. Dix-huit ans plus tard, Versailles devient le siège du gouvernement français.
La ville royale continue d’attirer les grands de ce monde bien après le Roi Soleil. Benjamin Franklin y est reçu en 1778 par Louis XVI, et le soutien militaire français négocié dans ces murs aboutit à l’indépendance des États-Unis en 1783. Cette même année, un premier vol en montgolfière a lieu à Versailles. Le 20 juin 1789, la salle du Jeu de Paume accueille l’acte fondateur de la démocratie française. Plus tard, Napoléon III y reçoit la reine Victoria avec faste en 1855, avant que Bismarck ne fasse proclamer l’Empire allemand dans la galerie des Glaces en 1871. Versailles draine aujourd’hui près de 8 millions de visiteurs chaque année.
Waldorf Astoria Versailles – Trianon Palace
C’est dans ce terreau historique que l’homme d’affaires Gabriel Weill-Martignan imagine le grand hôtel de luxe qui manque à la ville. Il rachète les terrains de l’ancien couvent des Capucins et confie le projet à l’architecte René Sergent, un nom qui résonne dans les cercles les plus prestigieux de l’époque. Sergent a déjà signé le Grand Hôtel à Rome et le Grand Hôtel Stéphanie-Les-Bains à Baden-Baden. Il travaille aussi sur le Savoy et le Claridge’s à Londres, et compte parmi ses clients les Rothschild, les Vanderbilt et J.P. Morgan. Le Trianon Palace sera son unique hôtel en France.
Le bâtiment, inauguré le 1er mai 1910, impressionne aussitôt. Six étages néoclassiques, une immense véranda ouverte sur le parc du château, une galerie inspirée du vestibule du château royal de Compiègne, surplombée d’une colonnade et de dix coupoles ornées de marbres, de moulures et de dorures. Marcel Proust, l’aviateur Alberto Santos-Dumont et Sarah Bernhardt font partie des premiers hôtes illustres. À vingt minutes de Paris, la belle société parisienne adopte immédiatement cette adresse.
Plaque Trianon Palace – Salon Clemenceau – Traité de Paix ; Marinedupont941
Quatre ans à peine après son ouverture, la Première Guerre mondiale éclate. L’hôtel est transformé en hôpital pour les soldats britanniques. Puis, dès le 1er décembre 1917, le Conseil supérieur de guerre interallié s’y réunit. Dans le grand salon du rez-de-jardin, les termes du traité de Versailles sont préparés. Le 7 mai 1919, Georges Clemenceau y remet les conditions de paix aux délégués allemands, en présence de Woodrow Wilson, Lloyd George et Orlando. Une plaque de marbre, toujours visible dans ce qui s’appelle désormais le Salon Clemenceau, commémore cet événement.
Entre les deux guerres, la vie mondaine reprend avec éclat. Le duc et la duchesse de Windsor, Marlene Dietrich, André Citroën, J. Paul Getty, les Rockefeller, René Lacoste et Jean Cocteau y séjournent. Durant la Seconde Guerre mondiale, l’hôtel abrite d’abord les bureaux parisiens de la Royal Air Force, puis est réquisitionné par l’armée allemande à partir du 14 juin 1940. La 2e DB du général Leclerc entre à Versailles le 29 août 1944. Les alliés y installent leur commandement : Charles de Gaulle, George Patton et le futur président Dwight D. Eisenhower y posent leurs quartiers.
Rénové et rouvert en 1946, le Trianon Palace retrouve sa vocation de refuge pour les personnalités du monde entier. La liste de ses hôtes donne le vertige : le roi du Maroc, la reine Elizabeth II, le prince Aga Khan, Jacques Brel, Jean Gabin, Tino Rossi, Jeanne Moreau. Les paparazzis guettent devant les grilles pour apercevoir les stars.
L’hôtel devient aussi un lieu de création pour le septième art. Sacha Guitry s’y installe pendant le tournage de « Si Versailles m’était conté » en 1954. Neuf ans plus tard, Georges Lautner, Albert Simonin et Michel Audiard y écrivent le scénario des « Tontons Flingueurs ». Woody Allen y tourne « What’s New Pussycat » avec Peter Sellers, Ursula Andress et Romy Schneider. Claude Chabrol choisit le palace pour « Betty » avec Marie Trintignant en 1992.
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Racheté en 1990, entièrement rénové avec la construction du Pavillon du Trianon et d’un spa dessiné par Hubert de Givenchy, le palace rejoint le groupe Waldorf Astoria en 2007. La décoratrice anglaise Fiona Thompson signe la nouvelle identité des intérieurs. Aujourd’hui, le Waldorf Astoria Versailles Trianon Palace abrite 199 chambres et suites, toutes tournées vers le parc du domaine royal ou les jardins.
La gastronomie occupe une place centrale. Le restaurant Gordon Ramsay au Trianon, étoilé au guide Michelin, est mené par le chef Gabriele Ravasio, 37 ans, formé en Italie, chez Nobu à Londres et en Amérique du Sud. Sa cuisine joue l’équilibre et la légèreté, mêlant racines italiennes, technicité asiatique et savoir-faire français. Parmi ses signatures, un homard breton aux saveurs méditerranéennes de tomate et basilic, ou encore le malicieux amuse-bouche « Frog & Chips », clin d’œil franco-britannique où une cuisse de grenouille marinée accompagne une tempura à la bière de la vallée de Chevreuse. Le chef pâtissier Eddie Benghanem, présent depuis 2008, complète cette expérience avec des créations qui allient précision technique et fantaisie assumée.
Le restaurant La Véranda, ouvert sept jours sur sept, propose les grands classiques de la cuisine française face au parc. Côté bar, le Peacock Alley Versailles, concept emblématique de la marque Waldorf Astoria, fait sa première apparition en France. Thomas Roy, barman aux commandes de la carte cocktails, y mêle références new-yorkaises et clins d’œil versaillais. Le Spa Guerlain, réparti sur 2 800 m² et trois niveaux, offre 14 cabines de soins, une piscine intérieure chauffée toute l’année dont le fond est orné des armoiries de Versailles en mosaïque, un hammam, une salle de fitness et un court de tennis dans les jardins.
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Se réveiller avec une vue sur les 800 hectares du domaine royal, se rendre à pied au château classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, puis revenir au Waldorf Astoria Versailles Trianon Palace pour un soin Guerlain et un dîner étoilé : voilà le programme d’un séjour ici. L’hôtel propose des accès coupe-file au château, des balades en calèche dans la cité royale, des sorties en voitures de collection avec Cartis Classic Car, des visites à l’Osmothèque (conservatoire international des parfums) ou des dégustations au domaine viticole de la Bouche du Roi.
Yan Vacher, directeur général, résume l’ambition du lieu avec simplicité : « Je souhaite insuffler au Trianon Palace une énergie nouvelle, tout en respectant son héritage. L’hospitalité doit être sincère, fluide, généreuse. » Plus d’un siècle après son inauguration, le palace de la ville royale continue d’écrire son histoire. Les murs changent de décor, les chefs renouvellent leurs cartes, les cocktails se parent de noms versaillais, mais l’âme du lieu reste intacte. Pour ceux qui cherchent un séjour où le luxe se conjugue avec la mémoire, il existe peu d’adresses aussi chargées d’histoires en France.
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