Arnold d'Alger, portrait d’un artiste solaire
Graphiste de formation, artiste par vocation, Arnold d’Alger a tout quitté pour reprendre ses pinceaux et n’a jamais regardé en arrière. Depuis la vaisselle chinée ornée d’or jusqu’aux fresques monumentales du Trianon Palace de Versailles, il trace à la plume un univers où le dessin est roi et la lumière, obsession. Rencontre avec un créateur libre, solaire et inclassable, qui a ouvert il y a un peu plus d’un an l’Atelier Grand Soleil, une parenthèse enchantée au cœur du 11ᵉ arrondissement de Paris.
Du pixel au pinceau
Arnold d’Alger
Il y a quelques années, Arnold d’Alger prend une décision radicale : fermer l’ordinateur pour de bon et reprendre ses pinceaux. Formé au graphisme et au design, il a longtemps travaillé dans l’univers du numérique, mais l’envie de créer avec les mains finit par s’imposer. C’est le début d’une aventure qu’il baptise Bazar d’Alger, un atelier dédié au décor dans lequel il commence par orner de la vaisselle chinée à la demande. Chaque pièce raconte une histoire, celle que lui confient ses clients, qu’il traduit en motifs dessinés à la plume et rehaussés à l’or. Très vite, le format de l’assiette ne suffit plus. Arnold se tourne vers le carrelage, puis vers les fresques murales, cherchant des surfaces toujours plus vastes pour exprimer un univers foisonnant qui ne demande qu’à s’étendre.
Le dessin comme fil d'or
WeAreKollectors Magazine
Quand on l’interroge sur ce qui relie la vaisselle, les carreaux de faïence, les murs dorés et les objets en céramique, Arnold n’hésite pas une seconde : « Le lien entre toutes les choses que je fabrique aujourd’hui, c’est le dessin. Le support importe assez peu, le plus important c’est d’imaginer quelque chose à partir de rien, en juste dessinant. » Ce qui le passionne, c’est cette capacité à faire naître un univers entier d’un simple trait de plume sur une surface vierge. Cette conviction l’a mené à travailler sur les murs du Waldorf Astoria, à créer des collections sur mesure pour des maisons de prestige, ou encore à concevoir l’identité visuelle de lieux parisiens singuliers. Arnold dessine comme d’autres respirent : c’est un élan vital, irrépressible, qui ne connaît aucune frontière de format.
Versailles, l'or et les étoiles
Arnold d’Alger
Parmi ses projets les plus marquants, la décoration de la grande galerie du Trianon Palace à Versailles pour la période des fêtes occupe une place à part. Arnold y a déployé un univers inspiré de la faune, de la flore et de l’histoire du domaine royal : chênes centenaires, cerfs majestueux, Marie-Antoinette dans sa robe à panier. Une ambiance féérique pensée pour vibrer aussi bien de jour que de nuit. Ce projet révèle l’un des secrets de sa réussite : la confiance que lui accordent ses clients, qui le laissent créer en toute liberté. Le soleil, motif récurrent de son œuvre et nom de son atelier, puise ses racines dans une fascination d’enfant pour Louis XIV. Depuis six ans, Arnold travaille l’or et a fini par comprendre la nature profonde de sa quête : « Ce que je travaillais, c’était surtout la lumière, plus qu’un matériau. »
Atelier Grand Soleil : une parenthèse en plein Paris
Atelier Grand Soleil – Arnold d’Alger
La création de l’Atelier Grand Soleil, au 8 rue Édouard-Lockroy dans le 11ᵉ arrondissement, est sans doute le projet dont Arnold est le plus fier. Né de la rencontre avec la céramiste Gaëlle Levray et d’années passées à dessiner dans un coin de son appartement, ce lieu est enfin à la mesure de ses ambitions. Sous sa verrière baignée de lumière, on y pratique la céramique — modelage, tournage, décor à l’or —, on y organise des dîners sur mesure, des événements privés et des collaborations avec des marques. Arnold a conçu cet espace comme on aménage un chez-soi, et c’est exactement ce que ressentent les visiteurs. Pas une boutique, pas une galerie, mais une parenthèse où le temps ralentit, en plein cœur de Paris.
Un artiste libre, une énergie solaire
Arnold d’Alger
Arnold d’Alger
Arnold d’Alger ne se revendique pas du circuit des arts plastiques. Il se définit comme un homme des arts appliqués, quelqu’un qui crée des choses visuellement belles sans forcément les intellectualiser. Et c’est précisément ce qui le rend singulier. Son agenda déborde de projets éclectiques : un atelier pour Fragonard, une exposition à Minorque, la décoration de vitrines pour des maisons parisiennes, des chantiers pour des particuliers en Grèce, et bien d’autres collaborations encore tenues secrètes. Quand on lui demande ce qu’il aime qu’on dise de lui, la réponse est d’une simplicité désarmante : « Je suis heureux quand on m’appelle, quand on vient me chercher, quand on me dit qu’on aime mon travail et qu’on a envie de le voir s’exprimer dans un contexte particulier. » Le reste lui importe peu. Arnold avance, dessine, illumine — fidèle à sa bonne étoile.
Découvrez l’Atelier Grand Soleil et son univers : grandsoleil.fr