L’art de l’hospitalité parisienne
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Voyage culinaire et architectural au cœur de la Seine
Au 8 quai du Louvre, la Seine glisse tranquillement. Le Pont-Neuf relie les rives dans un geste architectural plusieurs fois centenaire…
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Voyage culinaire et architectural au cœur de la Seine
Pierre Blaché ; Pexels
Au 8 quai du Louvre, la Seine glisse tranquillement. Le Pont-Neuf relie les rives dans un geste architectural plusieurs fois centenaire, et Paris s’offre avec la force tranquille des évidences. À cet endroit précis, la ville devient une présence vivante, palpable, intense.
C’est là que se dresse le Cheval Blanc Paris, installé dans l’ancien immeuble « Sauvage » de La Samaritaine, ce bâtiment Art déco qui a traversé le siècle en témoin des métamorphoses parisiennes. Le dîner ou le déjeuner ici dépasse le simple repas. C’est une entrée dans un lieu qui assume pleinement son histoire et son rapport intime à Paris.
On traverse un seuil pensé comme une transition orchestrée, un passage entre le mouvement des quais et une maison urbaine qui cultive l’art de la retenue. Le Cheval Blanc Paris accueille avec cette assurance que possèdent les lieux qui savent qui ils sont.
Pierre Blaché ; Pexels
Arthur Weidmann – wikipedia – 3/03/2022
Arthur Weidmann – wikipedia – 3/03/2022
L’histoire du Cheval Blanc Paris s’inscrit dans celle de La Samaritaine, ce grand magasin parisien qui a marqué des générations. Acquis par LVMH en 2001, l’immeuble Art déco a connu seize années de travaux avant d’ouvrir ses portes en septembre 2021, après un chantier d’envergure pharaonique avoisinant les 750 millions d’euros.
Un temps long, nécessaire, marqué par des ajustements architecturaux minutieux et une volonté constante : préserver l’âme du lieu tout en lui donnant un nouvel usage, une nouvelle respiration. L’objectif était de faire revivre ce patrimoine.
L’architecte Édouard François a orchestré la transformation du bâti avec précision, tandis que Peter Marino a signé les intérieurs avec sa signature reconnaissable. Ensemble, ils ont composé une lecture contemporaine de l’Art déco, ponctuée d’œuvres d’art soigneusement sélectionnées, de volumes amples et d’un dialogue permanent avec la Seine.
Les perspectives sont cadrées comme des tableaux, la lumière circule librement dans les espaces, Paris s’invite harmonieusement. Cet équilibre entre dedans et dehors, entre passé et présent, fait toute la singularité du lieu.
Vue partielle du hall d’accueil de l’hôtel Cheval Blanc, Paris ; CVB ; Wikimedia
Le Cheval Blanc Paris compte soixante-douze chambres et suites seulement, un chiffre volontairement restreint dans un secteur où l’on pourrait multiplier les unités. Toutes sont orientées vers la Seine, comme autant de loges privées donnant sur le plus beau des spectacles parisiens.
Les volumes sont généreux, voire exceptionnels pour Paris : la première catégorie de chambre commence à quarante-cinq mètres carrés. Le summum est atteint avec une suite de mille mètres carrés, dotée d’une piscine privée de douze mètres et demi, un chiffre remarquable dans une ville où chaque mètre carré est compté. Cette échelle explique l’atmosphère unique.
Ici, le luxe s’exprime par la rareté et le calme, deux denrées précieuses dans une capitale en mouvement constant. Une piscine intérieure de trente mètres, un Dior Spa qui invite à la parenthèse sensorielle, des circulations vastes, un service pensé pour le temps long : tout cultive l’immersion.
Cette configuration influence directement l’expérience gastronomique : on déjeune dans une maison qui privilégie la continuité et le séjour au sens plein du terme.
Vue partielle du hall d’accueil de l’hôtel Cheval Blanc, Paris ; CVB ; Wikimedia
Lukas, Pexels
Lukas, Pexels
Le Cheval Blanc Paris a fait un choix clair : placer la gastronomie au cœur absolu de son identité. Comme la colonne vertébrale de l’expérience proposée, comme un art de vivre.
Quatre restaurants, quatre écritures distinctes, une même exigence. Arnaud Donckeleen est la figure centrale, le maître d’œuvre de cette cathédrale gastronomique, accompagné du chef pâtissier Maxime Frédéric, dont le talent rayonne. Ensemble, ils ont construit une proposition cohérente, où chaque table possède sa personnalité propre, son univers singulier, reliées par un fil conducteur commun.
La Seine est partout : dans les vues qui s’offrent aux convives, dans les reflets de lumière qui dansent sur les tables, dans le rythme même du repas qui épouse le mouvement du fleuve. Elle devient un repère, un métronome qui dicte le tempo de l’expérience.
Change CC ; Pexels
Situé au premier étage, Plénitude porte remarquablement bien son nom. Le restaurant gastronomique d’Arnaud Donckele, triplement étoilé au Guide Michelin depuis 2022, consécration qui couronne un travail de précision absolue, accueille un nombre volontairement limité de convives. L’espace est feutré, le silence fait partie intégrante de l’expérience, comme une note essentielle à l’harmonie d’ensemble.
À Plénitude, la sauce est au centre de tout. Arnaud Donckele la conçoit comme un parfumeur travaillerait ses absolues : une collection d’élixirs complexes, composés de multiples ingrédients minutieusement sélectionnés, organisés selon une logique rigoureuse de notes — tête, cœur, fond. Cette approche alchimique transforme la sauce en véritable signature.
Les plats s’articulent autour de ces assemblages liquides, renversement fondamental qui place la technique au service d’une vision. Les « Préludes » ouvrent le bal avec délicatesse, les « Eaux douces et salines » évoquent la rencontre entre rivière et océan, les « Prairies » célèbrent la terre nourricière, et les desserts deviennent les supports d’un langage à la fois liquide et précis, fluide et structuré.
Le service, dirigé avec maestria par Alexandre Larvoir, accompagne cette partition avec une maîtrise discrète qui enveloppe, guide, anticipe. Le temps semble s’étirer dans cette dilatation particulière qui caractérise les grands moments.
En sortant, il reste une sensation rare, précieuse : celle d’avoir vécu un moment hors du flux ordinaire, comme si les horloges s’étaient momentanément arrêtées pour mieux savourer l’instant.
Change CC ; Pexels
Vitaliy Haiduk ; Pexels
Vitaliy Haiduk ; Pexels
Hakuba propose un contraste assumé, une respiration différente. Récompensé d’une étoile Michelin, reconnaissance méritée d’une approche exigeante, le restaurant est né d’une collaboration féconde entre Arnaud Donckele, le chef japonais Takuya Watanabe et Maxime Frédéric. Ici, la cuisine kaiseki-sushi structure l’expérience avec la rigueur d’un haïku.
Les produits des côtes françaises et atlantiques rencontrent les gestes japonais millénaires, dans un respect strict des saisons et des rituels qui gouvernent la haute cuisine nippone. Bouillons délicats, dashis parfumés, poissons crus ou cuits avec une précision d’orfèvre composent une progression méticuleusement pensée, où chaque bouchée prépare la suivante.
Le décor, volontairement tamisé, joue sur les ombres et les lumières pour mettre en valeur les assiettes par un jeu subtil de lumières focales. Chaque plat devient ainsi une petite scène théâtrale, éclairée comme une œuvre d’art dans un musée.
Hakuba demande une ponctualité stricte, exigence qui s’inscrit dans la cohérence de l’expérience, où chaque détail compte, où le respect mutuel entre cuisine et convive structure l’échange.
Brenan Greene ; Unsplash
Au septième étage, Langosteria change radicalement le tempo, la couleur, l’atmosphère. Le restaurant italien, ouvert au déjeuner comme au dîner, célèbre la mer et les produits méditerranéens avec une générosité solaire. Poissons nobles, fruits de mer d’une fraîcheur irréprochable, pâtes artisanales et coquillages composent une carte généreuse, expansive, soutenue par une impressionnante sélection de vins : près de 900 références qui transforment la carte en véritable encyclopédie vinicole.
La terrasse, entourée de verdure luxuriante qui crée une oasis inattendue en plein cœur de Paris, offre une vue ample sur la capitale. L’atmosphère est solaire, expansive, méditerranéenne, tout en maintenant précision et exigence.
Langosteria revendique un art de vivre : celui d’un déjeuner qui s’étire langoureusement, d’un dîner rythmé par le partage et la convivialité, où les assiettes circulent, où les conversations s’animent, où le temps appartient à ceux qui le prennent.
Brenan Greene ; Unsplash
YorVen, iStockPhoto
YorVen, iStockPhoto
Le Tout-Paris occupe également le septième étage, en dialogue architectural avec Langosteria. Récompensée d’une étoile Michelin, distinction rare pour une brasserie qui témoigne de l’excellence du lieu, cette institution chic embrasse littéralement la ville dans toute son étendue. La vue s’étend de Notre-Dame, majestueuse sur son île, jusqu’à la Tour Eiffel qui pointe vers le ciel, tandis que la Seine dessine l’horizon en un ruban argenté.
Sous la direction attentive du chef exécutif William Béquin, et le regard exigeant d’Arnaud Donckele qui supervise l’ensemble, la carte revisite les codes de la brasserie parisienne avec respect et audace. Boudin noir à la royale qui rend hommage à la tradition, sole meunière exécutée à la perfection, macaroni au foie gras qui marie l’Italie à la France, pigeon en crapaudine cuit avec précision, desserts classiques signés Maxime Frédéric qui revisitent les souvenirs d’enfance.
Le matin, le petit-déjeuner s’installe dans une douceur presque domestique, loin de l’agitation des buffets d’hôtel standardisés. Le dimanche, les déjeuners évoquent les tables familiales, ces moments où l’on prend le temps. Le soir, la terrasse devient un lieu de rencontre et de fête, où Paris célèbre Paris.
Le bar à cocktails, animé par des mixologues créatifs, prolonge naturellement l’expérience avec des créations originales qui dialoguent avec l’esprit de Paris, ses codes, son élégance, sa capacité à mêler tradition et innovation.
Myrabella ; Wikimedia
Qu’il s’agisse d’un déjeuner ensoleillé au Tout-Paris, d’un dîner mémorable à Plénitude ou d’une immersion méditative à Hakuba, l’expérience au Cheval Blanc Paris repose fondamentalement sur un rapport singulier au temps. Le service est attentif, fluide, précis, anticipant les besoins avec discrétion.
La clientèle mêle Parisiens avertis, voyageurs du monde entier, habitués fidèles qui reviennent comme on rentre chez soi. On se trouve au cœur battant de la ville, au centre géographique et symbolique, là où Paris se raconte et se réinvente.
Ce que l’on emporte en quittant la table dépasse le souvenir gustatif, aussi délicieux soit-il. C’est une perception différente, enrichie, approfondie de Paris. Une ville vue depuis la Seine, vécue à travers le rythme d’un repas qui devient presque une méditation, une façon de ralentir pour mieux voir, mieux sentir, mieux comprendre.
Myrabella ; Wikimedia
r/paris ; reddit
r/paris ; reddit
Le Cheval Blanc Paris possède tous les attributs d’un palace parisien, et même davantage. Il incarne surtout une vision du luxe urbain contemporain : discret plutôt qu’ostentatoire, ancré dans l’histoire, attentif aux savoir-faire plutôt qu’à la standardisation internationale.
La gastronomie y devient un véritable langage culturel, un moyen de raconter la ville autrement que par les monuments et les musées, une façon de goûter Paris au sens le plus littéral du terme.
Déjeuner au Cheval Blanc à Paris — car il y a bien plusieurs expériences possibles, plusieurs restaurants, plusieurs manières d’appréhender le lieu —, c’est accepter de ralentir consciemment. C’est découvrir que, dans une capitale en mouvement perpétuel, il existe encore des lieux rares où le temps, la table et la ville dialoguent à voix basse, dans une conversation intime qui invite à l’écoute.
C’est comprendre, le temps d’un repas, que le luxe véritable réside dans cette capacité à créer un espace différent, où chaque minute compte sans être comptée, où l’excellence se fait naturelle, où Paris redevient ce qu’elle a toujours été : une invitation à prendre son temps.
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