Les portraits de cette édition explorent celles et ceux pour qui la fête est un langage, un espace à construire, une émotion à orchestrer. Architectes visionnaires et maîtres de l’illusion, ils révèlent comment un geste, une forme ou une mise en scène peut transformer un lieu en moment, et un instant en célébration.
© Kollectors – 2025 – Tous droits réservés
Né en 1852 en Catalogne, Antoni Gaudí développe très tôt une sensibilité pour les formes organiques, les courbes naturelles et les textures inspirées de la terre. Son style, à la croisée du gothique et de l’Art nouveau, naît d’un refus du linéaire et d’un goût pour la liberté formelle. Pour lui, l’architecture n’est jamais figée : elle doit vibrer, respirer, surprendre. Son œuvre, profondément ancrée dans Barcelone, célèbre le vivant à travers des lignes ondulantes, des mosaïques éclatées et des volumes presque végétaux.
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Gaudí conçoit des édifices qui semblent en mouvement, comme en pleine célébration. La Casa Batlló, avec ses façades ondoyantes et ses mosaïques multicolores, évoque un carnaval minéral, un masque qui sourit à la ville. Le Parc Güell, pensé comme un jardin idéal, déploie des formes fantastiques, presque ludiques, où la promenade devient expérience sensorielle. Dans chacun de ces lieux, la couleur, la lumière et les motifs se combinent pour créer une atmosphère festive, accessible à tous, où l’imaginaire prime sur le décor.
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Consacrée à la fin de sa vie, la Sagrada Família concentre tout ce que Gaudí considère comme essentiel : verticalité spirituelle, symbolisme naturaliste, lumière comme matière. Les façades semblent raconter une fête sacrée : explosion de sculptures, rythmes verticaux, vitraux aux couleurs jubilatoires. À l’intérieur, les colonnes-arbres composent une forêt silencieuse mais vibrante. Même inachevée, l’œuvre s’impose comme l’un des monuments les plus festifs de l’architecture mondiale, un lieu où l’élévation spirituelle rencontre la célébration de la nature.
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Gaudí ne dessinait pas seulement des bâtiments : il concevait aussi les meubles, les luminaires, les ferronneries, les vitraux. Cette vision holistique, partagée avec des artisans d’exception, donnait à ses projets une cohérence rare, presque scénographique. Sa technique signature, le trencadís — ces mosaïques faites d’éclats de céramique — habillait les volumes comme une parure de fête. À travers cette approche, Gaudí compose un langage visuel joyeux, immersif, où chaque détail est célébration. Son héritage continue d’inspirer ceux qui pensent l’espace comme une expérience sensible.
Un héritier des Beaux-Arts devenu maître de l’illusion
Doc103, Wikimedia, 1901
Formé aux Beaux-Arts, Paul Tissier semblait destiné à une carrière classique d’architecte. Mais très tôt, il s’écarte de la voie académique pour rejoindre un territoire plus libre : celui de la scénographie.
Dans le Paris des Années Folles, il devient président du bal des Quat’z’Arts, laboratoire festif où étudiants et artistes réinventent chaque année une époque historique. Décors monumentaux, costumes, fresques et machineries : Paul Tissier y apprend que la fête peut être un geste d’architecture, un espace construit pour l’instant présent, un théâtre immersif où le public devient acteur.
Doc103, Wikimedia, 1901
Gera Cejas, pexels, 23/04/2024
Gera Cejas, pexels, 23/04/2024
Après la Première Guerre mondiale, Tissier abandonne définitivement l’architecture traditionnelle. Nice devient son atelier à ciel ouvert. Sous le patronage d’Alfred Donadei et aux côtés de sa femme Gisèle, il imagine près de cent fêtes thématiques en deux ans – un rythme vertigineux qui témoigne de son énergie créative. Rome antique, Russie impériale, univers sous-marins, imaginaires cubistes : chaque célébration est une œuvre totale, où toiles peintes, installations, musiques, costumes et rituels composent des mondes complets. Là où d’autres décorent, Paul Tissier scénographie, dirige, chorégraphie. Il fabrique des fêtes comme on fabrique un opéra.
Wikimedia
Pour Paul Tissier, une fête n’existe que si elle engage. Pas de spectateurs passifs : chacun doit entrer dans l’histoire, s’y mêler, en devenir un fragment. Sa démarche repose sur une authenticité rare : artistes russes invités pour la fête russe, compositeur japonais pour une immersion sino-japonaise. L’architecte refuse le pastiche ; il préfère le dialogue entre cultures, l’invention d’ambiances justes, l’usage de la lumière, de la couleur et du mouvement pour provoquer l’émotion. Ses scénographies éphémères deviennent alors des espaces sensoriels : une architecture de l’instant où tout, du son au textile, structure l’expérience.
Wikimedia
« Paul Tissier – L’architecte des fêtes des Années Folles »; un ouvrage publié par les Éditions Norma
« Paul Tissier – L’architecte des fêtes des Années Folles »; un ouvrage publié par les Éditions Norma
Mort à quarante ans, Paul Tissier laisse derrière lui une œuvre aussi brève qu’intense. Grâce aux archives réunies par son épouse et au travail de recherche publié en 2022, son nom retrouve aujourd’hui une place dans l’histoire culturelle des années 1920. Sa vision dépasse la fête décorative : elle fait de la célébration une construction totale, une mise en scène du monde, un espace collectif où se mêlent architecture, arts visuels et spectacle vivant. Tissier montre que la fête peut être un art -un moment où l’on compose avec la lumière, les matières, les gestes et les corps, pour créer un univers éphémère qui restera pourtant dans la mémoire.
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