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L’architecte de l’ombre et de la lumière
Dans l’effervescence du huitième arrondissement parisien, au cœur de son agence EDO (European Design Office), Alexandre Danan dessine encore à la main
L’architecte de l’ombre et de la lumière
Dans l’effervescence du huitième arrondissement parisien, au cœur de son agence EDO (European Design Office), Alexandre Danan dessine encore à la main, en amont des dossiers de son équipe formée aux dernières technologies – dont l’IA. Un geste d’un autre temps pour cet architecte d’intérieur qui, depuis presque trois décennies, façonne des espaces où l’émotion dialogue avec la fonctionnalité. « C’est un peu ma salle de jeu ici », confie-t-il avec un sourire, entouré d’esquisses et de maquettes qui témoignent d’un processus créatif où tradition et modernité s’entremêlent.
© Kollectors – 2025 – Tous droits réservés
L’histoire commence très tôt. « Très petit, je dessinais des meubles, des bâtiments », se souvient Alexandre Danan. Cadet d’une fratrie de quatre sœurs, il trouve refuge dans le dessin, développant cette passion solitaire qui deviendra sa signature professionnelle. Né au Maroc puis élevé à Paris dès l’âge de quatre ans, il conserve un lien profond avec le pays de sa naissance, où il développe aujourd’hui des projets d’exception par-delà le monde, jusqu’au Japon.
Son parcours le mène naturellement vers l’École Camondo et l’École Supérieure des Arts et Techniques. Mais c’est son sujet de diplôme qui révèle déjà sa singularité : trois années passées dans le désert saharien à travailler concrètement sur la réalisation de projets. Une expérience formatrice qui ancre sa pratique dans le réel, loin des théories abstraites.
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« En architecture intérieure, on donne du sens dans le processus de construction », explique Alexandre Danan, défendant une vision de son métier comme art appliqué. Cette approche transcende la simple décoration pour devenir narration.
« Il s’agit de raconter une histoire qui soit en adéquation avec les attentes du client, et d’aller au-delà. »
Cette philosophie trouve son expression la plus aboutie dans ses collaborations avec des établissements prestigieux, dont le Hilton Collectionneur, l’Hôtel Art Déco, les hôtels du Groupe Barrière, entre autres. Maison Mère, l’hôtel si parisien où il a su relever le défi de créer un espace « extrêmement contemporain mais avec tout le vocabulaire parisien », illustre parfaitement sa maîtrise des codes. Parquet, cheminées, moulures cohabitent avec des audaces contemporaines : le carrelage de la salle de bain qui déborde sur le parquet de la chambre, créant ces « débordements de frontières » qui constituent sa signature.
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Pour Alexandre Danan, tout commence et tout finit par la lumière. « C’est le principal », insiste-t-il, citant Le Corbusier et Tadao Andō : « Les bâtiments sont parfois injustement jugés sur l’effet lumineux sur cinq centimètres d’épaisseur. » Cette obsession de la lumière guide chaque projet, qu’il s’agisse de déterminer l’orientation naturelle d’un bâtiment ou de concevoir des scénarios d’éclairage complexes.
Au restaurant La Grande Piscine luxueuse du Es Saadi Palace à Marrakech, cette maîtrise prend une dimension spectaculaire. Face à un chantier réalisé par cinquante degrés en plein mois d’août, il orchestre un projet où l’éclairage intelligent s’adapte aux différents usages, du petit-déjeuner aux cocktails du soir. « Il y a 120 points lumineux, voire plus, avec une quinzaine de types de luminaires », détaille-t-il, soulignant la complexité technique cachée derrière l’évidence visuelle.
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C’est peut-être dans l’histoire de Francis Ngannou que se révèle le mieux l’humanité d’Alexandre Danan. Le champion du monde de MMA, arrivé sans abri à Paris depuis son village camerounais, lui confie la réalisation d’un centre polyvalent dans son village natal de Batié. « C’est son rêve », explique l’architecte, touché par cette démarche de retour aux sources.
Le projet, qui ouvrira ses portes en 2026, illustre cette capacité unique d’Alexandre Danan à saisir l’essence émotionnelle d’un projet. « On sert à ça. C’est ce qu’on aime comme type de projet. Des projets intéressants de gens qui apprécient notre travail, qui sont à l’écoute. »
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Après vingt-cinq ans passés dans l’hôtellerie parisienne et la fondation de EDO (European Design Office) en 2000, Alexandre Danan a développé une méthode qui conjugue intuition artistique et pragmatisme technique. « En architecture intérieure, on commence à être bon à l’âge de quarante ans parce qu’on doit maîtriser beaucoup de savoirs différents », observe-t-il. « On est la clé de voûte de différents mondes. »
Cette position d’interface se traduit par un travail collaboratif permanent, où la relation dépasse le simple rapport client-fournisseur.
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Influencé par la culture japonaise et son « éloge de l’ombre », Alexandre Danan maîtrise l’art des contrastes. « À quel moment on met de l’ombre et à quel moment on crée des ambiances lumineuses » : cette question guide chaque projet, sachant que ces scénarios « influent sur le mental des personnes, leur façon d’être, leur façon de consommer ou de se reposer ».
Dans un monde saturé d’images et d’effets, Alexandre Danan cultive la discrétion efficace. Ses espaces ne crient pas leur beauté, ils la murmurent avec assurance. Comme ces moquettes légèrement dissymétriques dans les couloirs de l’hôtel Maison Mère qui « créent des effets visuels assez originaux », ou ces luminaires circulaires du Es Saadi Marrakech qui évoquent Sainte-Sophie tout en s’adaptant parfaitement à l’architecture contemporaine.
Vingt-cinq ans après ses débuts, Alexandre Danan continue de dessiner à la main, fidèle à cette approche artisanale qui donne « le bon trait qu’il faut ». Dans un métier en perpétuelle mutation technologique, cette constance témoigne d’une conviction : l’architecture d’intérieur reste avant tout affaire de sensibilité humaine, cette capacité unique à transformer l’espace en expérience mémorable.
« On dessine à l’ancienne, au début, toujours à la main, pour avoir vraiment le bon trait qu’il faut. »
« Très petit, je dessinais des meubles, des bâtiments. J’étais passionné dès le début. »
« J’ai grandi à Paris à partir de l’âge de quatre ans, mais le Maroc reste très présent. »
« Ce qu’on donne dans un projet, c’est du sens. C’est de l’art appliqué. »
« L’exigence, c’était : extrêmement contemporain, mais avec tout le vocabulaire parisien. »
« On a fait des débordements de frontières. Par exemple, le carrelage de la salle de bain déborde sur le parquet de la chambre. »
« Au Palace Es Saadi, il y a des jeux entre l’intérieur et l’extérieur. Toujours ces débordements de frontières. »
« Il ne faut pas que ce soit des usines à gaz. Il faut que ce soit simple : un boîtier, huit ambiances, et c’est tout. »
« C’est son rêve. Il n’était pas obligé. Mais il le fait. Et c’est un très beau projet. »
« Ces scénarios de lumière influent sur le mental des personnes, leur façon d’être, de consommer ou de se reposer. »
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