Engjell Gjepali, Unsplash
La Toscane ne se livre jamais totalement d’un seul regard. Elle demande une forme d’attention, une disponibilité au détail et au rythme du lieu. Région centrale de l’Italie, étendue sur près de vingt-trois mille kilomètres carrés, elle rassemble trois millions et demi d’habitants et une concentration rare de paysages, de villes, de savoir-faire et de références culturelles. Florence, sa capitale, joue le rôle de foyer artistique et intellectuel, tandis que le reste du territoire déploie une mosaïque de collines, de vallées, de plaines côtières et de reliefs plus escarpés.
Ce qui distingue la Toscane tient moins à l’abondance de ses monuments qu’à la continuité visible entre histoire, usage et paysage. Les pierres, les routes, les cultures agricoles et les villages racontent une relation ancienne entre l’homme et son environnement. Rien n’y semble décoratif. Tout paraît issu d’un usage répété, affiné, transmis.
Engjell Gjepali, Unsplash
Unsplash
Unsplash
La Toscane se comprend par strates. Les collines du Chianti dessinent un paysage agricole structuré, rythmé par la vigne et l’olivier. Plus au sud, la Val d’Orcia offre une composition presque graphique : ondulations larges, routes bordées de cyprès, bourgs Renaissance soigneusement proportionnés. La Maremma, tournée vers la mer Tyrrhénienne, associe plaines rurales, sources thermales et ports modestes. Au nord, les Apennins ferment l’horizon avec des forêts plus denses et des villages de montagne.
Le climat méditerranéen soutient cette diversité. Le printemps apporte une lumière douce et des paysages verdoyants. L’automne révèle une Toscane plus feutrée, marquée par les vendanges et la récolte des olives. Ces périodes correspondent à une relation plus fluide avec le territoire : déplacements agréables, fréquentation mesurée, activités agricoles visibles.
Kristijan Arsov, Unsplash
La Toscane occupe une place structurante dans l’histoire culturelle européenne. La langue italienne moderne y trouve une source essentielle avec Dante, Pétrarque et Machiavel. La Renaissance y a pris forme avant de transformer durablement l’art, l’architecture et la pensée occidentale. Florence reste l’expression la plus connue de cet héritage, avec ses musées, ses palais, ses bibliothèques et ses ateliers.
Cette culture dépasse largement le cadre institutionnel. Elle s’exprime dans la manière dont les villes sont organisées, dans la place accordée aux espaces publics et dans la persistance de traditions locales. Sienne en constitue un exemple parlant. La Piazza del Campo, avec sa forme singulière, fonctionne comme un véritable cœur civique. Le Palio, course de chevaux organisée deux fois par an, continue de structurer la vie sociale, les appartenances et les rivalités de quartiers.
La reconnaissance par l’UNESCO de huit sites toscans reflète cette diversité. Les centres historiques de Florence, Sienne et San Gimignano racontent l’évolution urbaine médiévale et Renaissance. La Piazza dei Miracoli à Pise illustre une cohérence architecturale exceptionnelle. Pienza et la Val d’Orcia traduisent une vision humaniste du paysage, pensée comme un dialogue équilibré entre architecture et territoire. Les villas et jardins des Médicis rappellent l’importance du rapport à la campagne dans l’histoire du pouvoir et du goût.
Kristijan Arsov, Unsplash
Federico Di Dio photography, Unsplash
Federico Di Dio photography, Unsplash
Florence, Sienne et le Chianti constituent souvent la première porte d’entrée. La Toscane révèle pourtant une autre dimension à travers des lieux plus discrets, choisis pour leur échelle, leur atmosphère et leur relation directe au paysage.
Vinci, au pied des collines du Montalbano, associe un centre médiéval soigné à des musées consacrés à Léonard de Vinci. Les routes alentour traversent un paysage d’oliviers et de vignes, ponctué de domaines agricoles ouverts à la dégustation.
Collodi se déploie en village vertical entre Lucques et Montecatini Terme. Les ruelles escarpées, la Villa Garzoni et ses jardins baroques, ainsi que le parc dédié à l’univers de Pinocchio composent un ensemble singulier, où littérature, paysage et architecture dialoguent sans emphase.
Montefioralle, au-dessus de Greve in Chianti, se limite à quelques rues circulaires protégées par des remparts anciens. La taille réduite du hameau favorise une lecture attentive des détails : balcons fleuris, façades patinées, vues ouvertes sur les vignobles.
Colle di Val d’Elsa offre une alternative plus calme à San Gimignano. Sa partie haute conserve un tissu médiéval dense et des panoramas larges. La ville entretient également une tradition liée au cristal, visible dans des ateliers et des boutiques qui perpétuent un savoir-faire ancien.
Santino Montelone, Unsplash
Certaines zones toscanes se lisent à travers la présence de l’eau. Bagni San Filippo, au sud de Pienza, propose des bassins thermaux naturels nichés dans une forêt. Les formations calcaires blanches, sculptées par l’eau chaude, créent un paysage minéral puissant, accessible par des sentiers boisés.
Plus au sud, les sources de Saturnia alimentent des cascades en terrasses au cœur de la campagne de la Maremma. Les horaires et les saisons modifient profondément l’expérience, les moments les plus calmes révélant une relation directe entre paysage rural et bain thermal.
Bagno Vignoni présente une configuration unique : une grande vasque thermale occupe le centre de la place principale du village. Cette organisation urbaine rappelle le rôle historique des bains tout en offrant une lecture architecturale rare.
Santino Montelone, Unsplash
Cristina Gottardi, Unsplash
Cristina Gottardi, Unsplash
La Toscane possède également une façade maritime souvent méconnue. Porto Ercole, sur le promontoire du Monte Argentario, conserve l’esprit d’un port de pêche élégant. Le front de mer, les fortifications d’époque espagnole et les criques rocheuses dessinent une côte discrète, éloignée des grandes stations balnéaires.
À l’inverse géographique, la Garfagnana révèle une Toscane plus montagneuse et boisée. Les villages de Barga ou Castelnuovo di Garfagnana s’inscrivent dans un paysage de châtaigniers, de rivières et de ponts médiévaux. Cette zone convient aux amateurs de marches, de soirées tempérées et de relations directes avec la nature.
Karandaev, Freepik
La Toscane occupe une place centrale dans le paysage viticole italien. Les vins expriment des terroirs précis et des traditions affirmées. Le Chianti se décline en plusieurs zones. Le Brunello di Montalcino repose sur un cépage unique, le sangiovese, et bénéficie d’une reconnaissance internationale. Le Vino Nobile di Montepulciano et la Vernaccia di San Gimignano complètent cet ensemble avec des profils distincts.
Les dégustations se déroulent souvent au cœur des domaines, associées à la découverte des paysages et des pratiques agricoles. L’huile d’olive accompagne chaque repas. Les marchés locaux, les tables de village et les restaurants de campagne privilégient des produits de saison et une cuisine sobre, attentive à la qualité des ingrédients.
Karandaev, Freepik
La Toscane propose de nombreux lieux de séjour qui prolongent la relation au territoire. D’anciens domaines agricoles, des hameaux restaurés ou des demeures historiques offrent des cadres propices à un séjour prolongé.
Autour de Montalcino, certaines propriétés viticoles associent hébergement et production, avec des vues ouvertes sur la Val d’Orcia. Près de Casole d’Elsa ou de Volterra, des domaines implantés sur de vastes terrains privilégient jardins, silence et cuisine issue du domaine. Dans le Chianti, des villages restaurés permettent une immersion dans un paysage façonné par la vigne.
Ces lieux mettent en avant l’espace, la lumière, les matériaux naturels et une hospitalité attentive, pensée comme un prolongement du lieu.
Le secret le mieux gardé du Chianti
Adbar; Wikimedia / Pxhere
Entre Florence et Sienne, le temps suspend sa course. Là où les cyprès dessinent leur garde d’honneur sur trois cents hectares de collines dorées, le COMO Castello Del Nero règne en silence. Un château du XIIe siècle qui refuse le folklore pour mieux incarner l’essence même du quiet luxury en Toscane.
L’arrivée donne le ton : aucune surenchère décorative, seulement l’architecture qui parle. Les fresques du XVIIIe siècle conversent avec le design épuré de l’architecte italienne Paola Navone. Les cinquante chambres et suites partagent cette même élégance discrète : terre cuite patinée, poutres anciennes, marbre et mosaïques dans les salles de bain. Le raffinement à l’état pur. Par les fenêtres, le Chianti se déploie comme une aquarelle vivante, ses vignobles et oliveraies composent ce paysage toscan qui a inspiré tant de peintres de la Renaissance.
Le COMO Shambhala Retreat déploie mille mètres carrés où les soins asiatiques s’accordent au tempo toscan. Piscine de vitalité, fontaine de glace, hammam parfumé… autant d’invitations à ralentir, vraiment. La piscine extérieure de vingt-cinq mètres, chauffée et ouverte l’été, se love entre pelouses sculptées et jardins à l’italienne.
Le restaurant La Torre occupe les anciennes écuries, étoile Michelin à la clé. Le chef Giovanni Luca Di Pirro y sublime les produits locaux avec une approche contemporaine. Légumes du potager biologique de la propriété, huile d’olive des oliveraies du domaine, vins du Chianti qui racontent cette terre mieux que n’importe quel guide. La cave voûtée du XIIe siècle abrite une collection à faire pâlir d’envie les oenophiles les plus exigeants. Pour déjeuner plus léger, La Taverna et le Pavillon en plein air gardent la même qualité dans un esprit plus décontracté.
Au Castello Del Nero, le luxe parle de lui-même. Dans les salons aux fresques restaurées par la Soprintendenza, l’institution italienne qui protège les trésors artistiques du pays. En flânant dans les jardins à l’italienne. En apprenant les secrets de la vinification. Ou simplement avec un Brunello di Montalcino, regard posé sur les dorées par le soir. A trente minutes de Florence et quarante de Sienne, cette adresse membre des Leading Hotels of the World prouve que l’on peut être au cœur de tout en restant à l’écart de tous.
Adbar; Wikimedia / Pxhere
The Club House, Castelnuovo Berardenga SI, Italie
La Toscane version silence
The Club House, Castelnuovo Berardenga SI, Italie
Quinze chambres seulement. The Club House tient dans la paume d’une main. Ce cinq étoiles pour adultes a ouvert ses portes en 2022 au cœur du Chianti, à vingt minutes de Sienne. Les collines ondulent jusqu’à l’horizon, piquées de cyprès et d’oliviers centenaires.
Chaque chambre respire la Toscane, avec du linge de lit de qualité exceptionnelle et des salles de bains immenses baignées de lumière naturelle. Certaines ont des baignoires autoportées sous un puits de lumière. On s’allonge, on regarde le ciel. La bouteille de Chianti Classico du domaine vous attend dans la chambre, déjà débouchée.
La piscine à débordement surplombe la vallée. L’eau miroite, les vignes se déroulent en rangs serrés, le château de Brolio se découpe au loin. Deux courts de tennis impeccables, un practice de golf entouré d’oliviers, un studio de yoga. Ici, on bouge, on respire, on vit.
Le Wellness Sanctuary porte bien son nom. Piscine intérieure, bassins d’hydrothérapie qui massent le dos et les épaules, sauna finlandais, tepidarium à basse chaleur avec brume salée. L’eau coule, guérit, apaise.
Côté assiette, l’Osteria Il Tuscanico sert la Toscane gourmande : peposo (bœuf mijoté au vin rouge et poivre noir), tagliata de bœuf Chianina grillé, bistecca alla fiorentina. Des plats qui réchauffent. Il Visibilio propose un menu dégustation aveugle créé par le chef étoilé Michelin Daniele Canella. Une succession de micro-plats qui jouent avec les températures, les textures, les surprises.
On vient ici pour respirer. Dormir sous des poutres en chêne, marcher entre les vignes, boire du vin face à la vallée. The Club House offre du temps et du silence.
Pierre médiévale et vignes à perte de vue.
Hotel Le Fontanelle
Le Fontanelle, c’est cette vieille bâtisse du XIIIe siècle plantée sur une colline du Chianti, avec ses murs en pierre blonde et ses volets bordeaux. Autour, des vignes à perte de vue. A vingt minutes de Sienne, mais on se croirait à des kilomètres de tout.
L’hôtel porte le nom d’anciennes fontaines de pierre qui servaient à capter l’eau de source. Elles sont toujours là, intactes. Dedans, c’est la Toscane version épurée : poutres en chêne, terre cuite au sol, lin sur les lits.
La vraie magie, c’est le paysage. Depuis la terrasse du Belvedere, les vignes du domaine Vallepicciola s’étirent à perte de vue, ondulant comme une mer verte et or selon la saison. Au restaurant La Colonna, le chef Francesco Ferrettini travaille les classiques italiens. Risotto au safran toscan, tagliatelle bolognaise, pâtes aux truffes de saison… La carte change selon les produits du moment. Ici, on mange face aux fenêtres panoramiques, les collines du Chianti comme toile de fond vivante.
La piscine extérieure surplombe le tout. L’eau claire, le ciel immense, les cyprès alignés comme des sentinelles. En dessous, le spa déroule ses espaces : piscine chauffée, hammam, sauna, jacuzzi, salle de massage. Tout y est. Des vélos attendent pour partir explorer les vignes. Une piste de pétanque aussi, pour les fins d’après-midi paresseuses.
Trente-six chambres seulement, dispersées entre le corps principal et les dépendances. L’atmosphère reste intime. On y croise peu de monde, ce qui fait partie du charme.
Hors des sentiers battus, dans les collines, Le Fontanelle est le genre d’adresse qu’on garde jalousement pour soi.
Hotel Le Fontanelle
Sandro Mattei; Wikimedia
Sandro Mattei; Wikimedia
Le printemps, d’avril à début juin, révèle une Toscane lumineuse et verte, adaptée aux déplacements et aux visites. L’automne, de mi-septembre à fin octobre, accompagne les cycles agricoles et offre une atmosphère plus posée, marquée par des couleurs chaudes.
L’été attire vers la côte et certaines zones d’altitude. L’hiver propose une Toscane plus silencieuse, rythmée par la vie locale, sous réserve de vérifier l’ouverture des structures rurales.
La Toscane propose une relation durable au lieu. Les paysages, les villes et les usages forment un ensemble cohérent, façonné par des siècles de continuité. Les souvenirs prennent la forme d’une lumière sur une colline, d’un repas partagé, d’une marche silencieuse entre deux villages.
Une région qui se découvre par choix, par attention et par respect du rythme. Une Toscane qui s’adresse à ceux qui savent regarder longtemps.
Janvier, 2026
Le luxe se réinvente.
Finis les logos clignotants, place à une sobriété raffinée, à l’immersion personnelle, à l’excellence artisanale, à la durabilité sensible.
Décembre, 2025
Héritages, gestes contemporains et plaisirs essentiels
Parce que la fête n’est jamais qu’apparence : elle reflète notre manière d’habiter le monde, de transmettre, de fabriquer des souvenirs durables.
ÉDITION #2
Design, mode, artisanat : des créations où la forme et la matière se répondent avec justesse, loin de tout effet de mode.
ÉDITION #1
Décorations artisanales, calendriers ultra-luxe et pièces de collection pour s’enivrer de joie avant l’heure.
ÉDITION #2
L’architecte de l’ombre et de la lumière
Interview with the founder of EDO (European Design Office)
ÉDITION #2
L’alchimiste de l’hospitalité discrète
Portrait d’un visionnaire qui transforme l’art de recevoir en expérience totale.
ÉDITION #1
Antonio Gaudi et Paul Tissier
Personnalités, artisans et créateurs qui donnent à la fête sa profondeur humaine.
Inscrivez-vous pour avoir accès à l’ensemble du site WeAreKollectors.
Inscrivez-vous pour avoir accès à l’ensemble du site WeAreKollectors.